lundi 11 juin 2012

Un bonheur n'arrive jamais seul {Critique}


"Sacha aime ses amis, son piano, la fête.  La nuit, il joue dans un club de jazz et séduit des jolies filles.  Il vit dans l’instant, pour le plaisir. Sans réveil-matin, sans alliance, sans impôt. Charlotte a trois enfants, deux ex-maris et une carrière professionnelle à gérer. Elle n’a aucune place pour une histoire d’amour. Tout les oppose. Ils n’ont rien à faire ensemble…  Ils sont faits l’un pour l’autre."


James Huth est un réalisateur qui a été critique pendant de longues années et il y a de quoi, car même s'il a réalisé des films qui ont marché au box-office dont le moyen, mais convenable Brice de Nice il a surtout réalisé des nanars tels Hellphone ou Lucky Luke (qui est mauvais je le reconnais, mais je sais pas pourquoi moi je l'aime bien ce film). Il revient en force cette année avec un film qui se veut être une très simple  comédie romantique où la fin nous est dite dès le synopsis, mais réalise-t'il un coup de poker en faisant cela ?


Il faut être franc, des comédies romantiques on en voit à la pelle et surtout des mauvaises qui viennent tout droit des États-Unis, mais en France on en a pas tant que ça qui essaye de nouveau faire rire avec un comique de situation ainsi qu'avec des dialogues savoureux qui arrivent à rendre les personnages drôles et touchants. C'est le cas de ce Un bonheur n'arrive jamais seul. Il veut nous faire rire avant tout, puis nous faire pleurer. Il s'agit du plan très simple du film qui se découpe en deux parties bien distinctes que sont la première partie qui est humoristique et la seconde qui penche fortement vers le touchant, mais presque au pont d'être pathos.

La première partie pourrait servir de grosse introduction afin de nous présenté les personnages et de nous faire rire, amis ce n'est pas le cas puisqu'on rentre directement dans le vif du sujet. On est entrainé par la voix off de Gad Elmaleh vers des instants magiques que vivent les personnages. Ils se rencontrent de manière impromptue, hasardeuse et c'est directement le coup de foudre. À partir de là, il ne vont cesser de se voir en secret ou non et vont s'amuser et nous amuser avec des dialogues assez fins par moment et toujours drôles. Mais dans cette partie il faut surtout compter sur le comique de situation. Pendant près d'une heure, on va enchaîner les gags très drôles et on va se plier en deux de rire.


Ce comique de situation tout comme l'univers et l'atmosphère légère et fraîche que nous propose ce film sont mis en avant par la mise en scène de James Huth qui n'aura jamais été aussi brillante et je n’ai pas peur de la dire. Bien évidemment, elle est très classique, avec un montage léger et fluide, mais James Huth apporte sa patte esthétique. Cette patte se ressent dans les moments importants où il arrive grâce à des petits effets à embellir et mettre en avant les émotions que ressentent les personnages où les décors. Ces effets pourront très bien être des saturations de couleurs, une bonne utilisation des gros plans, du blur autour des personnages ou tout simplement une image réaliste qui retranscrit parfaitement l'environnement. Ce n'est pas quelque chose d'extraordinaire, mais un effet bien placé permet de rendre un moment encore plus drôle ou un personnage plus touchant. On ne va jamais essayer de se mettre dans la peau des personnages, on va juste les suivre et voir une belle histoire.

Cette belle histoire n'est pas toute rose puisqu'une fois que ce comique de situation s’estompe, le film va commencer à partir en roue libre et va devenir creux en voulant nous amener lentement, mais surement vers une séparation prévisible. Cette seconde partie va réussir à nous tenir en haleine avec quelques dialogues soutenus ainsi qu'avec quelques situations assez cocasses, mais à aucun moment on ne retrouvera l'hilarité et le plaisir qu'on avait lors de la première heure. Cette seconde partie ne sera pas surprenante, mais elle va réussir à mettre en valeur les acteurs qui vont réussir à très légèrement nous émouvoir. Après plus d'une heure de film on est attaché aux personnages et on est devrait donc être touché par ce qu'ils leurs arrivent. Malheureusement, on ne l'est pas puisqu'on sait très bien que le film va bien se finir. À vouloir faire une comédie romantique classique, on a une comédie tout court puisqu'on ne nous cache même plus qu'ils finiront heureux. Donc quant-ils sont malheureux, nous on ne l'est pas puisqu'on sait que dans quelques minutes tout ira mieux. Mais ce n'est pas faute d'avoir essayé, car le casting est très bon. Gad Elmaleh en tête nous fait un "one man show" non-stop. Pour les fans, on retrouvera ses mimiques et c'est très drôle si on aime le personnage. Sophie Marceau s'avère surprenante, car drôle et avec une certaines prestance et aisance avec l'humour.


On a un beau couple, qui est convaincant à souhait et auquel on veut croire. Rien que ça, nous prouve que le film est réussi. Un bonheur n'arrive jamais seul est décrit comme une comédie romantique qui revient aux comédies romantiques qui enchaînaient les gags et c'est ce qu'on a. Un film qui est drôle, voir hilarant dans sa première partie. Malheureusement, il sombre un peu trop dans le pathos dans la seconde partie et n'arrive pas à nous toucher comme il le voudrait, puisque se met en place un soupçon de déjà vu et surtout une happy end qui nous est dévoilée dès le synopsis. Si on sait que tout va bien finir, pourquoi être triste quelques minutes auparavant ? Malgré tout, c'est une très bonne comédie si on apprécie Gad Elmaleh bien évidemment.


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